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La province du Kénédougou

Le choix d’un territoire : la province du Kénédougou et la région de Dédougou

    La province du Kénédougou (8307 km2, soit 3,2% du pays), située à l’extrême ouest du Burkina Faso, constitue un terrain d’application idoine. Ce territoire apparaît en effet assez homogène sur un plan de l’organisation des paysages naturels. La plus grande partie du relief de la province est constituée de plateaux d’altitude moyenne (450 m), le climat y est de type Sud Soudanien caractérisé par une pluviosité élevée (plus de 1000 mm), les sols sont riches et diversifiés. Les conditions sont donc très favorables à un dense couvert végétal de savane boisée et arborée. Château d’eau du Burkina Faso, la province du Kénédougou en est aussi le principal jardin et le plus grand verger. Son économie repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. La gamme des produits agricoles est très large (céréales, tubercules, fruits, légumes mais aussi coton…) ainsi que la diversité du cheptel où dominent les bovins. Cette richesse naturelle, remarquable à l’échelle du Burkina Faso, est déterminante pour notre projet de recherche car la prodigalité naturelle et la faiblesse des contraintes physiques permettent une grande diversité de choix de valorisation des milieux, que l’on enregistre notamment au niveau des techniques et des productions agricoles adoptées.

    En revanche, cette portion limitée du territoire montre une fine mosaïque de langues et de cultures. En effet, au sein des quelque 230 000 habitants recensés en 1997, on trouve plusieurs langues et plusieurs ethnies appartenant à des familles distinctes : les Gur (Senoufo : bambarge, tagba, supire, senari…), les Mandé (jula, bolon, samogo) et les Kru (sèmè). Au total, on compte plus de 30 ethnies (Senoufo, 54% ; Samogo, 10% ; Sèmè, 6% ; Mossi, Peul, Bobo, Dioula…) qui mettent en valeur un espace riche et homogène. Cette province constitue donc un espace particulièrement approprié pour tenter d’observer, dans les paysages, l’éventuel reflet des spécificités culturelles.

    Une attention plus particulière est portée au pays sèmè et à sa langue (unique langue de la famille kru parlée au Burkina Faso). En effet, ce pays constitue un isolat ethnique et linguistique septentrional dans un environnement gur-mandé puisque les langues kru sont parlées à plus de 1 000 km de là entre le sud-est du Liberia et l’est de la Côte d'Ivoire. L’hypothèse est donc que l’on trouvera au sein de cet isolat linguistique, détaché de son aire d’expression méridionale, un particularisme culturel plus fort pouvant engendrer des perceptions et représentations de la nature, et donc des gestions différentes des paysages, très spécifiques.

     

    À consulter :

    Carte des langages du Burkina Faso

    Monographie de la province du Kénédougou