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Colloque International de Ouagadougou

Langue, environnement et culture : les enjeux de la recherche pluridisciplinaire pour un développement durable des territoires.

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organisé par le CNRST de Ouagadougou et l’Université d’Orléans

Ouagadougou, 8 – 10 mars 2012

Présentation générale

Les thèmes de la langue, de l’environnement et de la culture sont fréquemment abordés de manière distincte et séparée pour montrer comment ils structurent les territoires et les communautés humaines. Même si des efforts ont été faits depuis quelques décennies pour tenter d’intégrer ces divers regards, les approches disciplinaires priment encore trop souvent sur l’étude des interactions. Or, quand il s’agit d’étudier des systèmes sociaux dans leurs rapports à l’environnement, on achoppe sur la complexité des liens qu’entretiennent langue, nature, culture, écologie et géographie. La connaissance de ces interactions est pourtant un passage obligé pour qui veut mettre le plus d’atouts dans son jeu.

Si l’intérêt de recherches disciplinaires approfondies reste indéniable, les nouveaux enjeux de ce qu’on appelle aujourd’hui la globalisation rendent l’identification des relations entre les divers systèmes en présence plus nécessaire que jamais. Faute de l’avoir perçu, certaines tentatives de développement ressemblent à des essais de « transplantation d’organes » qui se solderaient par des rejets. Pour que la greffe prenne, il est nécessaire d’identifier au préalable les aspirations des sociétés et leur attitude face aux évolutions environnementales, économiques, spatiales et culturelles, que ces évolutions soient d’origine interne ou imposées par des contraintes extérieures.

S’appuyant généralement sur les résultats de recherches disciplinaires, des actions d’aide et de solidarité internationale ou des programmes de développement économique, qui peuvent émaner d’opérateurs internationaux, méconnaissent ainsi trop souvent les réalités politiques, culturelles et naturelles des territoires qu’ils sont censés dynamiser. Ainsi, une innovation agronomique techniquement parfaite pourra être rejetée par ses destinataires si elle entre en conflit avec des traits culturels contradictoires. Devant une succession d’échecs et de semi-réussites notoires, il est de la responsabilité des chercheurs d’apporter leur contribution aux « décideurs » par de nouveaux types d’analyses qui intègreront les résultats des travaux des sciences humaines et environnementales dans une optique pluridisciplinaire.

L’objectif du colloque international, co-organisé par le CNRST (Burkina Faso), l’université d’Orléans et l’IRD (France), en droit fil d’un programme de recherche commun résolument interdisciplinaire, RADICEL-K (Recherche Aide Développement : Interactions Culture et Environnement Langues-Kénédougou), est de démontrer l’intérêt de la pratique interdisciplinaire.

Entièrement consacré aux liens et interactions qui peuvent exister entre les différents champs des sciences de l’homme, de la société et de l’environnement, le colloque interroge en outre la notion de développement et a pour ambition de croiser les regards disciplinaires et les approches entre chercheurs du Sud et du Nord. A vocation largement internationale, il est ouvert à l’ensemble du Burkina Faso et à la sous-région, dès lors que les thèmes des communications proposées se situent à l’interface des disciplines et des notions mobilisées. Il s’adresse ainsi à l’ensemble des chercheurs et opérateurs d’aide au développement de l’Afrique engagés dans une réflexion interdisciplinaire.

Axes thématiques

Dans le cadre du colloque, nous souhaiterions que les thèmes abordés soient liés aux enjeux de la recherche pour le développement en relation avec la langue, l’environnement, le territoire et la culture. C’est pourquoi nous les inscrirons préférentiellement dans les domaines suivants : « Langues, littérature et développement durable », « Nature, culture, environnement et territoire durable », « Éducation et développement durable en milieu rural ».

Les thématiques qui seront abordées dans ce colloque sont aussi variées que les paysages et les sociétés représentées dans l’espace considéré. Y trouveront tout naturellement leur place des études véritablement pluridisciplinaires, des études de disciplines différentes portant sur un même objet, et des travaux qui n’ont pas été conçus au départ dans une optique interdisciplinaire mais qui portent un intérêt marqué pour un champ autre que celui de l’auteur. Ces trois types possibles de communications auront l’ambition, à un niveau supérieur, de rechercher les connexions entre sciences, aide au développement et/ou politiques linguistiques.

S’il est prématuré de repérer déjà précisément toutes les jonctions disciplinaires à établir – c’est d’ailleurs un des objectifs de ce colloque de Ouagadougou – trois pistes peuvent être avancées pour s’y essayer.

1) Diverses mosaïques à l’aune des changements globaux

L’ouverture accélérée des territoires aux grands flux matériels et immatériels nationaux et internationaux bouscule les pratiques culturelles, économiques et les modes de valorisation de l’espace. Dans ces sociétés déjà plurielles, on s’interrogera sur les évolutions qui intéressent les mosaïques culturelles (mutation des identités), linguistiques (variété des langues, variations dialectales), économiques (flux de marchandises sur les marchés, pratiques de négociation des prix), paysagères (standardisation des matrices) et écologiques (impact de la modernisation sur les écocomplexes, notamment transformation des pratiques de feux de végétation).

2) Pratiques locales et chemins de traverse entre disciplines

Les pratiques locales entremêlent sans les distinguer ce que la science classe comme des aspects biophysiques, économiques, culturels, spatiaux et, bien entendu, socio-économiques. Abandonnant le découpage qu’opère la pratique scientifique disciplinaire, des études conjointes sur les usages et les dénominations des territoires et des ressources offertes par la biodiversité permettront de comprendre la place de la nature dans les perceptions et représentations socioculturelles. Bien plus, elles participeront au repérage de certaines identités des sociétés et de leur ancrage à leur territoire.

3) Le culturel : de la recherche à l’action

Il est banal de dire que les échecs et les réussites partielles enregistrés par les programmes nationaux et internationaux dans l’aide au développement découlent d’une prise en compte trop incomplète des faits culturels. La valeur accordée à l’amélioration ou au type d’aide proposé par les « développeurs » n’est que rarement partagée par la société destinataire. On fera l’hypothèse qu’une approche liant diverses disciplines et divers points de vue (scientifiques et ONG) peut contribuer à lever cette difficulté. On s’interrogera sur l’intégration de la dimension culturelle, principalement du rapport à l’espace et à la nature mais aussi des rapports sociaux qui s’établissent autour de leur contrôle, et sur les conditions que requiert le transfert de savoirs et de compétences d’une culture à une autre. Ces problématiques pourront aussi questionner par exemple les sciences de l’éducation, en particulier autour de la mise en place de l’enseignement en langues locales.

A l’issue de ce colloque de nature exploratoire, notre ambition sera de présenter des propositions originales, construites non par logiques disciplinaires, mais par thématiques transversales visant à repérer des noeuds influençant l’évolution des dynamiques territoriales et sociétales burkinabè.

Président du comité d’organisation

Sanogo Mamadou Lamine (sociolinguiste, CNRST/INSS)

Comité d’organisation

Adjepoua Marie-Louise (linguiste, CNRST/INSS), Bambara Aoua (linguiste, CNRST/INSS), Compaoré Félix (sciences de l’éducation, CNRST/INSS), Diallo Issa (linguiste, CNRST/INSS), Fabre Gwenaëlle (linguiste, université d’Orléans LLL), Fournier Anne (écologue, IRD UMR 208), Malgoubri Pierre (linguiste, université de Ouagadougou), Nacoulma Harouna (géographe, CNRST/INSS), Nébié Bétao (linguiste, CNRST/INSS), Ouédraogo Alain (linguiste, CNRST/INSS), Sajaloli Bertrand (géographe, université d’Orléans CEDETE), Sangaré Ali (sociologue, CNRST/INSS), Traoré Edwige (ethnolinguiste, CNRST).

Comité scientifique

Bergounioux Gabriel (linguiste, université d’Orléans LLL), Chartier Denis (géographe, université d’Orléans CEDETE), Da Dapola Evariste (géographe, université de Ouagadougou), Delplanque Alain (linguiste, université de Tours LLL), Fabre Gwenaëlle (linguiste, université d’Orléans LLL), Fournier Anne (écologue, IRD UMR 208), Ganaba Souleymane (écologue, CNRST/ DPF), Guissou L. Basile (sociologue, CNRST/INSS), Kéita Alou (linguiste, université de Ouagadougou), Kédrébéogo Gérard (CNRST/INSS), Millogo-Rasolodimby Jeanne (ethnobotaniste, université de Ouagadougou), Napon Abou (sociolinguiste, université de Ouagadougou), Nikièma Norbert (linguiste, université de Ouagadougou), Ouattara Ardjouma (géographe, CNRST/INSS), Ouédraogo Jean-Baptiste (sociologue, CNRST/INSS), Ouédraogo Louis (écologue, CNRST/INERA), Rougé Jean-Louis (linguiste, université d’Orléans LLL), Sajaloli Bertrand (géographe, université d’Orléans CEDETE), Sissao Alain (littéraire, CNRST/INSS), Somé Valère (anthropologue, CNRST/INSS), Tourneux Henry (linguiste, CNRS LLACAN UMR 8135).

Propositions de communications

Merci de bien vouloir adresser à Issa Diallo « dialloiss@gmail.com » au plus tard le

10 novembre 2011 un résumé (300 mots maximum) de la communication que vous souhaitez présenter.

Les propositions de communications seront évaluées par le comité scientifique qui en retiendra les plus pertinentes. Les communications retenues se feront en français et ne dépasseront pas les 30 minutes. Une deuxième sélection aura lieu à l’issue du colloque et les textes retenus seront publiés dans les Actes du Colloque.

Veuillez adresser à Gwenaëlle Fabre « gwenaelle.fabre@univ-orleans.fr » et à Bertrand Sajaloli « bertrand.sajaloli@univ-orleans.fr » un double de toutes vos correspondances.

Calendrier

1er appel à communication : 1er juillet 2011

2e appel à communication : 1er septembre 2011

3e appel à communication : 1er novembre 2011

Date limite de réception des résumés : 10 novembre 2011

Notification aux auteurs : 30 novembre 2011

Dates du colloque : 8 -10 mars 2012

Informations pratiques

Le comité d’organisation mettra à la disposition des participants une proposition d’hébergement pour la période du déroulement des travaux. Les frais de transport et d’hébergement sont à la charge des participants.